Martine Billard
Députée de Paris
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Éteindre ou ne pas éteindre ? Le 1er février 2007

L’Alliance et les Amis de la Terre appellent à éteindre la lumière et les appareils électriques en veille le 1er février 2006, de 19h55 à 20h.

Au matin de ce 1er février, des communiqués alarmistes mettent en cause cette supposée "fausse bonne idée". Le communiqué d’Agir pour l’Environnement ci-joint remet les pendules à l’heure.

Agir pour l’Environnement

Communiqué de presse du 1er février 2007

R.T.E... le grand bluff !

Paris, le 1er février 2007 : A l’occasion de l’opération intitulée « Cinq minutes pour la planète », le Réseau de Transport de l’Electricité fait part de ses craintes à l’égard de cette action coordonnée par l’Alliance et les Amis de la Terre et soutenue par les principales associations de protection de l’environnement françaises dont Agir pour l’Environnement.

Agir pour l’Environnement juge ces craintes infondées. Alors qu’à l’occasion d’une récente rencontre entre les associations et les responsables de RTE, il était apparu de grandes convergences de vues sur ce projet, il semble que RTE aitsubitement changé d’avis.

Par un sophisme dont le lobby nucléaire a le secret, une opération associative qui vise à limiter la consommation électrique se transforme en action dangereuse et polluante ! A contrario, le laisser-faire d’EDF et de RTE, qui fait office de stratégie industrielle, et qui entraîne une multiplication des pics de consommation à chaque épisode climatique marqué, n’aurait évidemment aucun impact climatique significatif. !

Selon RTE, l’action des associations entraînerait un risque de black-out suite à une hausse brutale des consommations immédiatement après 20h. Or, même si un million de personnes cessaient toute consommation électrique à 19h55 précises et recouraient massivement à l’électricité dès 20h, la « chute » des consommations se limiterait à moins d’un millier de mégawatts, soit moins de 1,5% de la consommation française, baisse totalement gérable pour RTE. Les arguties développées par RTE sont donc, soit de la mauvaise foi, soit de l’incompétence caractérisée !

Par ailleurs, l’opération des « Cinq minutes pour la planète » participerait, toujours selon RTE, à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre puisqu’obligeant EDF, pour suivre les fluctuations de la consommation, à recourir aux vieilles centrales fioul, charbon et gaz.

Alors que les associations dénoncent justement les conséquences délétères des pics de consommation sur le climat, EDF et RTE imputent aux associations la responsabilité de cette pollution. Faut-il rappeler aux responsables d’EDF et d’RTE que les pics de consommation ne sont pas de la responsabilité des associations mais au contraire dus à l’absence de politique préventive visant à lisser ces pics de consommation, ce qui justifie pleinement l’action des associations. Enfin, il est à noter que les soubresauts potentiels de consommation dus à cette action peuvent largement être couverts à l’aide de nos capacités de production hydraulique.

La fébrilité du Réseau de Transport de l’Electricité est dictée par des impératifs idéologiques et non techniques. Le fait qu’RTE soit une filiale du principal producteur d’électricité nucléaire est sans nul doute l’explication la plus crédible. Agir pour l’Environnement déplore cette relation incestueuse entre filiale et maison mère et appelle à une séparation structurelle immédiate des deux structures afin qu’RTE se consacre exclusivement à l’usage rationnel du réseau, ce qui passe par un lissage des pics de consommation. Le Réseau de Transport de l’Electricité doit surdimensionner son réseau pour pouvoir suivre ces pics de consommation ne représentant pourtant que quelques heures par an.

Agir pour l’Environnement ne peut se satisfaire du grand bluff orchestré par la filiale d’EDF. Plus que jamais, Agir pour l’Environnement appelle tous les citoyens à participer massivement aux « cinq minutes pour la planète » en reportant les usages particulièrement énergétivores tout en éteignant les appareils en veille et autres lampes inutilement allumées.

L’avenir du climat et de notre planète ne peut se jouer au poker menteur !

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