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Habitat et densité urbaine
La question de la densité urbaine est posée par le débat sur le logement : de nouvelles constructions sont nécessaires, mais comment éviter les erreurs du passé et produire une ville vivable, en réduisant les sources de pollution ?
L’intervention suivante, prononcée devant le Conseil de Paris par Christophe Najdovski, membre du groupe Vert, dans le débat sur le Plan Local d’Urbanisme, constitue une contribution intéressante.
"Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les conseillers,
Mon intervention portera sur les questions de déplacements, et notamment le stationnement, ainsi que sur le devenir des deux bois parisiens.
Mais avant cela, je voudrais dire deux mots sur la notion de densité, dont certains orateurs ont parlé ce matin.
Paris est l’une des villes les plus denses au monde. 2 150 000 habitants pour un territoire de 105 km2, bois compris. Si l’on retranche les bois et le faisceau ferroviaire, le territoire parisien se restreint à 67 km2. La densité moyenne de population est donc supérieure à 32 000 habitants au km2, avec des pointes à 40 000 habitants dans les faubourgs.
La question n’est donc pas d’être pour ou contre la densité, mais de savoir quelle densité nous voulons.
La densité de Paris est-elle aussi faible qu’il faille l’augmenter encore ? Doit-on avoir des rues uniformes avec des immeubles alignés à la même hauteur ? Ou peut-on préserver le tissu parisien, avec des hauteurs différentes ?
Doit-on bourrer les parcelles ou laisser des espaces de respiration ?
Puisque le débat sur la révision du SDRIF a été évoqué, nous devons, en matière de densité, raisonner non pas à l’échelle parisienne mais à l’échelle de l’agglomération.
En tant qu’écologistes, nous nous battons contre l’étalement urbain, générateur de déplacements en automobile et de consommation d’énergie accrue et nous devons faire en sorte que la révision du SDRIF serve à enrayer la plaie de l’étalement urbain.(...)"
Pour compléter, quelques observations :
A mon sens, il ne faut pas tomber dans le piège d’une opposition Paris/banlieue, mais de raisonner en complémentarité.
La densité de Paris est telle qu’il est difficile d’aller au-delà. Il n’y a guère que les terrains du faisceau ferroviaire qui constituent encore de grandes emprises constructibles. Et le simple fait de réaliser des aménagements aux Batignolles ou sur les terrains du nord-est va contribuer à densifier encore Paris. Or, Les Verts ne s’opposent pas aux constructions sur ces parcelles, pour peu qu’il y ait un équilibre entre logements, activités, espaces verts, équipemens publics, etc.
Pour le reste, la densification à Paris se résume à la chasse à la dent creuse (bâtiment moins haut que les autres dans une rue, que l’on détruit et remplace par un bâtiment plus haut, à la hauteur du reste), ou le bourrage en fond de parcelle. D’un point de vue écolo, c’est pas toujours ce qu’il y a de mieux. L’un des charmes de la forme parisienne d’habitat, c’est précisément ces arrières-cours avec des constructions plus basses que les façades sur rue.
Par contre, et c’est tout le débat de la révision du SDRIF, la densification de la première couronne (à l’échelle grosso modo de l’ancien département de la Seine, soit de 5 à 10km de rayon autour du périph’) doit permettre de lutter contre l’étalement urbain, qui est anti-écologique.
Si la première couronne peut aller dans le sens d’un "modèle parisien", en termes de densité, et surtout de densité de transports en commun, tout le monde s’en portera mieux. C’est pour cela que la priorité absolue doit aller à la "densification" des transports en commun de banlieue à banlieue, et la densification de l’habitat et de l’emploi près des pôles de transport."
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