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Communiqué des Verts Paris et du Groupe Vert au Conseil de Paris - 3 octobre 2005
Il n’y a pas de crise municipale, il y a une crise du logement.
Depuis la semaine dernière, la presse s’est fait l’écho, bien souvent déformé, de nombreuses spéculations sur le positionnement des Verts de Paris sur le logement et sur la participation des Verts à la majorité au Conseil de Paris. Martine Billard tient à porter le communiqué suivant à la connaissance des visiteurs de son site, afin de remettre les choses au point.
Après une semaine de péripéties et de déclarations sur la crise imaginaire au sein de la majorité municipale parisienne (qui s’est prolongée par des déclarations ce dimanche), les Verts Paris et le Groupe des EluEs Verts au Conseil de Paris réaffirment qu’ils sont des alliés loyaux et exigeants de la majorité animée par Bertrand Delanoë. Il n’y a pas de crise municipale, il y a une crise du logement.
Les incendies d’immeubles de ces dernières semaines ont montré que malgré les efforts déployés par la Ville, l’insalubrité n’est pas encore éliminée. Il faut trouver des solutions urgentes aux situations extrêmes des taudis insalubres et dangereux et, au nom du principe de précaution, mettre en place dans les meilleurs délais des mesures de sécurisation dans les bâtiments en attente de réhabilitation.
Mais la crise ne se limite pas à cela, beaucoup de Parisiennes et de Parisiens connaissent des difficultés pour se loger décemment.
Beaucoup d’entre nous vivent mal dans des logements trop chers et trop petits.
Beaucoup d’entre nous déplient le « canapé du salon » pour se coucher le soir,
Beaucoup d’entre nous regrettent de ne pas pouvoir offrir à chacun de leurs enfants une
« chambre à soi ».
Beaucoup d’entre nous voient le poids de plus en plus lourd du loyer ou du remboursement du prêt dans la colonne de gauche de leur relevé de banque, obligeant les familles à revenus moyens à quitter Paris.
C’est la spéculation immobilière, entretenue par les groupes financiers, qui est la cause principale de cet état de fait. L’absence de volonté du gouvernement de prendre les mesures législatives permettant de lutter contre cette spéculation accroît la crise du logement en France et plus encore à Paris.
La Ville de Paris ne peut pas tout résoudre, surtout quand l’Etat réduit les crédits.
Mais la Ville a des moyens d’actions et depuis 2001 un réel changement est incontestable.
Cependant les Verts pensent que l’intensité de la crise doit entraîner une amplification de l’action de la Ville.
C’était le sens des vœux présentés par les Verts lors du dernier Conseil de Paris, notamment :
Créer 500 logements par an pour les SDF comme prévu dans le contrat de mandature.
Améliorer la prévention contre les incendies dans les immeubles potentiellement dangereux en attendant le relogement des occupants.
Faciliter le relogement des personnes vivant dans les immeubles insalubres en mobilisant tous les gestionnaires d’immeubles sociaux.
Rénover les foyers de travailleurs migrants dans tous les arrondissements de Paris.
Accroître le nombre de grands logements pour les familles dans les nouveaux programmes de construction.
Le financement de ces propositions peut être effectué en faisant notamment appel aux fonds prévus pour les JO.
Lors du Conseil de Paris de lundi et mardi, le Parti Socialiste, à l’instigation de J.-Y. Mano, -adjoint au logement- a refusé de négocier ces textes (ainsi qu’un texte présenté par le PC demandant l’augmentation du nombre de logements créés chaque année). Lors du vote les Verts (et le PC) ont maintenu leurs textes faute d’avoir constaté le moindre désaccord de fond.
La Droite a fait le choix de voter les textes présentés par les Verts (et le PC), mettant ainsi en minorité le Parti Socialiste qui n’arrive toujours pas à justifier son refus de voter les vœux déposés par les Verts.
Qui peut croire que la Droite veut sincèrement amplifier l’effort pour le logement social ? Pas les Verts en tous cas, qui voient bien dans le vote de la Droite, un « coup politique », « un vote cynique » indigne sur un sujet aussi grave. Les Verts rappellent qu’un certain nombre de maires de droite sont hors la loi en refusant d’appliquer la loi SRU qui demande à chaque commune d’accueillir 20% de logements sociaux. C’est le cas entre autres à Neuilly-sur- Seine ou à Enghien.
Qui peut croire que les Verts envisagent une nouvelle majorité avec la Droite ? Personne ! Les Verts n’ont aucun point en commun avec la politique de Sarkozy et Villepin. Ceux qui font du battage autour de ce fantasme manquent pour le moins de rigueur politique.
Les Verts Paris ont rappelé unanimement et sans ambiguïté leur appartenance à la majorité municipale.
Nous resterons loyaux. Exigeants, nous le serons aussi.
Dans cette majorité municipale, nous voulons prendre notre place, toute notre place.
Les Verts veulent être associés en amont afin de permettre une élaboration commune et donc une adoption commune des projets.
C’est le cas, dans beaucoup de secteurs de l’action municipale, mais ce n’est pas le cas partout.
Là où certains se complaisent encore dans les derniers soubresauts d’ « une crise artificielle », les Verts sont au travail. Le prochain Conseil de Paris en sera la démonstration.
Deux dossiers importants sont à l’ordre du jour :
le transfert des 16 000 logements à loyer libre gérés actuellement par la SAGI. Les Verts proposent de transformer une partie de ces logements intermédiaires en logements vraiment sociaux au fur et à mesure des départs des locataires actuels. Les Verts se réjouissent que du Secours catholique au DAL (Droit au Logement) se manifeste un soutien à cette proposition. Le Parti Socialiste a décidé de retirer ce point de l’ordre du jour du Conseil de Pairs de septembre afin de se concerter avec les Verts et de définir une position commune. C’est une bonne chose.
le Budget 2006. Le vote du budget est un moment fort de l’action d’une collectivité publique où elle affirme ses orientations et ses priorités. Là aussi les Verts ont des propositions qui ont été présentées au PS. Là aussi une position commune doit être trouvée et pour cela élaborée en commun.
Les positions des Verts et du Parti Socialiste ne sont pas strictement identiques. Un débat va avoir lieu au sein de notre majorité. Il doit aboutir. Il faut, pour cela, du sang froid, du travail et de l’unité.
Il y a dans la majorité parisienne, suffisamment de talents, de savoir-faire, de convictions et de valeurs communes pour constituer une « équipe de rêve ».
pour les Verts Paris, Corine Faugeron, Secrétaire des Verts Paris
pour le Groupe Vert au Conseil de Paris, René Dutrey, Président du groupe des élus
Françoise Kiefé porte-parole
Mehdi Guadi porte-parole
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